UNIVERSITE DE LOME

UNITE DE RECHERCHE DEMOGRAPHIQUE (URD)

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COLLECTION "ETUDES TOGOLAISES DE POPULATION"

N°17

 

PLANIFICATION FAMILIALE : QUEL PROGRAMME PRIVILÉGIER AU TOGO ?

 Kodjovi KOUWONOU

Statisticien-démographe, Chercheur à l'URD

 

Résumé

 

Depuis la Conférence Mondiale de la Population en 1974, la planification familiale a été reconnue comme faisant partie des droits de l’homme. Depuis lors, les gouvernements et parlementaires africains n’ont cessé de manifester un intérêt soutenu pour les politiques de population. La variable "population" est de plus en plus prise en compte dans les divers plans économiques et sociaux et l’on note également une réelle adhésion de la plupart des pays africains à l’idée d’une maîtrise de la fécondité. Nombreux sont les facteurs qui ont milité en faveur de cette prise de conscience et de l’intervention massive sur la dynamique de la population qui va en suivre dans les pays africains. Les gouvernements africains reconnaissent que les taux d’accroissement de la population soient ramenés à un niveau tel qu’ils ne puissent pas constituer à long terme une charge excessive pour l’économie.

Perçue par la société traditionnelle africaine comme un facteur de prestige, la nombreuse descendance perd de plus en plus son importance surtout dans les milieux urbains. Bien que dans l’ensemble, la forte fécondité reste un objectif encore valorisé on enregistre de nos jours une prise de conscience quant à la qualité de l’enfant. Ce n’est plus le nombre d’enfants qui fait le prestige des parents ; c’est plutôt le rang qu’occupe l’enfant dans la hiérarchie sociale qui confère aux géniteurs une place de choix dans la communauté. Il faut donc bien encadrer les enfants et surtout leur assurer une réussite sociale. Dans un tel contexte, la sensible régression des attitudes traditionnelles natalistes observées dans certains pays lors des dernières enquêtes EDS traduit-elle une transition de la fécondité dans ces milieux ? Pour leur part, les institutions offrant les services de planification familiale se sont multipliées ces dernières années et relèvent surtout des organisations non gouvernementales (ONG). Les actions des institutions du secteur public œuvrant en la matière s’inscrivent dans le domaine global de la santé de la mère et de l’enfant. Comment coordonner les actions des institutions publiques et celles des institutions relevant des ONG ? En clair, quel type de programme faut-il privilégier pour accroître la prévalence contraceptive au Togo ?

Le gouvernement togolais a posé plusieurs actes ces dernières années pour faciliter la tâche aux institutions qui œuvrent en la matière. L’affluence de nouvelles acceptantes des méthodes de contraception dans les centres créés à cet effet, et la baisse du niveau de la fécondité traduisent une évolution positive des conceptions au sujet de la planification familiale. L’analyse des données d’enquêtes et des statistiques de routine dénote donc que les services de planification familiale sont de plus en plus fournis à une couche importante de la population. Aussi les actions engagées par les autorités pour promouvoir une maîtrise de la procréation gagneraient beaucoup en efficacité si l’on mettait un accent particulier sur les activités de sensibilisation et le recyclage du personnel de santé.

 

 

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