Résumé
La menace à la santé publique que représente
aujourd'hui le VIH/SIDA exige des programmes gouvernementaux, des ONG
locales et des institutions internationales de lutte contre ces
infections de multiplier les actions pour sensibiliser davantage et
mieux éduquer les jeunes sur une prise de conscience sans faille et
l'adoption de comportement responsable. Pour ce faire, il est
important de cerner leurs comportements, attitudes et pratiques en
matière du VIH/SIDA afin de bien orienter ces politiques. C'est dans
cet esprit que la présente étude a été commanditée. Son objectif était
de fournir aux institutions spécialisées ainsi qu'aux administrateurs
des programmes du domaine, des indicateurs appropriés sur les
connaissances, attitudes et pratiques en matière du VIH/SIDA auprès
des jeunes au Togo.
Au plan strictement méthodologique, l'étude a consisté
en une enquête nationale auprès d'un échantillon représentatif de 6153
jeunes de 15 à 24 ans (dont 3077 hommes et 3076 femmes). Un
questionnaire modulaire comprenant 4 sections a été utilisé pour la
collecte des données et a permis d'aborder les questions relatives à
la connaissance du VIH/SIDA, aux comportements en rapport avec le VIH/SIDA,
à la
perception des
concepts abstinence et fidélité. Les données collectées ont fait
l'objet de traitements statistiques uni et bivariés, qui ont permis
d'estimer et d'analyser un certain nombre d'indicateurs d'évaluation
des progrès accomplis dans le domaine de lutte contre le VIH/SIDA au
Togo au cours des dernières années.
Dans
le chapitre consacré aux connaissances du VIH/SIDA, l'étude a essayé
de mesurer le niveau de bonne connaissance du VIH/SIDA et les facteurs
sociodémographiques qui influent sur cette connaissance. Les résultats
obtenus montrent que, si tout le monde ou presque a déjà entendu
parler du VIH/SIDA, ceux qui ont une bonne connaissance sur les modes
de transmission du fléau et les idées fausses qu'il véhicule au sein
de la population ne représentent que 58% chez les jeunes hommes et 52%
chez les jeunes femmes. En ce qui concerne l'influence des variables
sociodémographiques, il faut noter que cette connaissance augmente
avec le niveau d'instruction, l'âge et varie selon la situation
matrimoniale.
Ces
résultats incitent à accentuer l'information et la sensibilisation sur
les modes de transmission, les moyens de prévention du VIF/SIDA et sur
les idées fausses.
Dans
le chapitre qui traite des comportements sexuels et de l'utilisation
du préservatif, il ressort que les rapports sexuels demeurent une
réalité chez les jeunes qui sont sexuellement précocement actifs.
Environ 66% des jeunes hommes ont déclaré avoir déjà eu un premier
rapport sexuel dont 29% l'ont eu avant l'âge de 15ans. Chez les jeunes
femmes ces proportions sont respectivement de 69% et de 27%. En
considérant la période du dernier mois précédant la collecte, c'est
40% de jeunes hommes et 43% de jeunes femmes qui sont sexuellement
actifs. Environ 12% des jeunes hommes et 3% de jeunes femmes ont eu
leur dernier rapport sexuel avec un(e) partenaire occasionnel(le). Un
fait important et particulièrement préoccupant à relever est que le
tiers des enquêtés qui ont eu ces rapports occasionnels ne s'est pas
protégé par l'utilisation d'un préservatif.
Ces
résultats parfois alarmants, incitent à mieux identifier les obstacles
à l'utilisation du préservatif auprès des jeunes et à axer davantage
les campagnes de sensibilisation sur le changement de comportements.
Le
dernier chapitre traite essentiellement de la perception des concepts
abstinence et fidélité. Les résultats obtenus montrent que globalement
les fausses idées sur le VIH/SIDA sont encore vivaces dans la
mentalité des jeunes. Ainsi, 30% de jeunes hommes et 26% de jeunes
femmes pensent qu'un garçon qui demanderait à sa partenaire d'utiliser
le préservatif est le signe d'un manque de confiance en la fille.
En résumé, les résultats obtenus soulèvent à l'évidence
plusieurs questions et incitent fortement à intensifier et à
réorienter les actions d'IEC notamment à l'endroit des jeunes en
mettant largement l'accent sur l'abstinence, car près de 70% des
enquêtés pensent qu'un garçon ou une fille peut s'abstenir de rapports
sexuels jusqu'au mariage.
Précédent