UNIVERSITE DE LOME

UNITE DE RECHERCHE DEMOGRAPHIQUE (URD)

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Lomé - Togo

RAPPORT DE RECHERCHE

 

Connaissances, attitudes et pratiques en matière des IST/VIH/SIDA chez les jeunes de 15-24 ans au Togo (CAP - IST/VIH/SIDA -  TOGO 2005)

Résumé

 

La menace à la santé publique que représente aujourd'hui le VIH/SIDA exige des programmes gouvernementaux, des ONG locales et des institutions internationales de lutte contre ces infections de multiplier les actions pour sensibiliser davantage et mieux éduquer les jeunes sur une prise de conscience sans faille et l'adoption de comportement responsable. Pour ce faire, il est important de cerner leurs comportements, attitudes et pratiques en matière du VIH/SIDA afin de bien orienter ces politiques. C'est dans cet esprit que la présente étude a été commanditée. Son objectif était de fournir aux institutions spécialisées ainsi qu'aux administrateurs des programmes du domaine, des indicateurs appropriés sur les connaissances, attitudes et pratiques en matière du VIH/SIDA auprès des jeunes au Togo.

 

Au plan strictement méthodologique, l'étude a consisté en une enquête nationale auprès d'un échantillon représentatif de 6153 jeunes de 15 à 24 ans (dont 3077 hommes et 3076 femmes). Un questionnaire modulaire comprenant 4 sections a été utilisé pour la collecte des données et a permis d'aborder les questions relatives à la connaissance du VIH/SIDA, aux comportements en rapport avec le VIH/SIDA, à la perception des concepts abstinence et fidélité. Les données collectées ont fait l'objet de traitements statistiques uni et bivariés, qui ont permis d'estimer et d'analyser un certain nombre d'indicateurs d'évaluation des progrès accomplis dans le domaine de lutte contre le VIH/SIDA au Togo au cours des dernières années.

 

Dans le chapitre consacré aux connaissances du VIH/SIDA, l'étude a essayé de mesurer le niveau de bonne connaissance du VIH/SIDA et les facteurs sociodémographiques qui influent sur cette connaissance. Les résultats obtenus montrent que, si tout le monde ou presque a déjà entendu parler du VIH/SIDA, ceux qui ont une bonne connaissance sur les modes de transmission du fléau et les idées fausses qu'il véhicule au sein de la population ne représentent que 58% chez les jeunes hommes et 52% chez les jeunes femmes. En ce qui concerne l'influence des variables sociodémographiques, il faut noter que cette connaissance augmente avec le niveau d'instruction, l'âge et varie selon la situation matrimoniale.

Ces résultats incitent à accentuer l'information et la sensibilisation sur les modes de transmission, les moyens de prévention du VIF/SIDA et sur les idées fausses.

Dans le chapitre qui traite des comportements sexuels et de l'utilisation du préservatif, il ressort que les rapports sexuels demeurent une réalité chez les jeunes qui sont sexuellement précocement actifs. Environ 66% des jeunes hommes ont déclaré avoir déjà eu un premier rapport sexuel dont 29% l'ont eu avant l'âge de 15ans. Chez les jeunes femmes ces proportions sont respectivement de 69% et de 27%. En considérant la période du dernier mois précédant la collecte, c'est 40% de jeunes hommes et 43% de jeunes femmes qui sont sexuellement actifs. Environ 12% des jeunes hommes et 3% de jeunes femmes ont eu leur dernier rapport sexuel avec un(e) partenaire occasionnel(le). Un fait important et particulièrement préoccupant à relever est que le tiers des enquêtés qui ont eu ces rapports occasionnels ne s'est pas protégé par l'utilisation d'un préservatif.

Ces résultats parfois alarmants, incitent à mieux identifier les obstacles à l'utilisation du préservatif auprès des jeunes et à axer davantage les campagnes de sensibilisation sur le changement de comportements.

Le dernier chapitre traite essentiellement de la perception des concepts abstinence et fidélité. Les résultats obtenus montrent que globalement les fausses idées sur le VIH/SIDA sont encore vivaces dans la mentalité des jeunes. Ainsi, 30% de jeunes hommes et 26% de jeunes femmes pensent qu'un garçon qui demanderait à sa partenaire d'utiliser le préservatif est le signe d'un manque de confiance en la fille.

En résumé, les résultats obtenus soulèvent à l'évidence plusieurs questions et incitent fortement à intensifier et à réorienter les actions d'IEC notamment à l'endroit des jeunes en mettant largement l'accent sur l'abstinence, car près de 70% des enquêtés pensent qu'un garçon ou une fille peut s'abstenir de rapports sexuels jusqu'au mariage.

 

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