UNIVERSITE DE LOME

UNITE DE RECHERCHE DEMOGRAPHIQUE (URD)

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Lomé - Togo

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RAPPORT DE RECHERCHE
 

Connaissances, attitudes et pratiques en matière des IST/VIH/SIDA  au Togo   (CAP-IST/VIH/SIDA-TOGO 2005)

Résumé

 

L'étude CAP-IST/VIH/SIDA a été réalisée par l'Unité de Recherche Démographique (URD) à l'initiative de PSI–Togo grâce à un financement du Fonds Mondial de lutte contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme. Cette étude vise à fournir à PSI-Togo des données complètes, fiables et circonstanciées sur les connaissances, les comportements, l'exposition aux campagnes de sensibilisation et la persistance des idées fausses sur les IST/VIH/SIDA au sein de la population togolaise. L'étude vise également à évaluer, à travers l'actualisation de certains indicateurs, dans quelle mesure les efforts accomplis dans le cadre des interventions de lutte contre les IST/VIH/SIDA ont amélioré la prise de conscience des risques et favorisé la transition vers des comportements sexuels à faible risque. En somme, les résultats de l'étude devraient permettre aux commanditaires d'avoir une réponse provisoire à la question "Où en est actuellement le Togo dans la lutte contre les IST/VIH/SIDA et quelles réformes il convient d'apporter aux stratégies mises en œuvre pour rendre cette lutte plus efficiente".

 

Pour atteindre ce but, une enquête dans les ménages a été réalisée. Elle a porté sur un échantillon représentatif national de 2661 ménages et a touché 6003 individus dont 2826 hommes de 15 à 59 ans et 3177 femmes de 15 à 49 ans. L'outil de collecte utilisé comprend 18 sections thématiques et a permis de documenter plus de 400 variables au niveau de chaque individu enquêté. Diverses méthodes statistiques ont été utilisées pour analyser les données collectées.

 

L’un des principaux résultats qui se dégagent de l'étude est l'écart observé entre les connaissances sur les IST/VIH/SIDA et l'utilisation systématique et correcte du préservatif lors des rapports sexuels. Pour les enquêtés jeunes par exemple, les résultats montrent que d’un côté, la grande majorité (plus de 90%) ont déjà entendu parler des IST/VIH/SIDA (80% pour les IST et 99% pour le VIH/SIDA) ; et de l’autre, près de 20% ont recours systématiquement à l’utilisation du préservatif lors de tout rapport sexuel. L’écart observé laisse entrevoir une augmentation des nouveaux cas dans les années à venir si rien n'est fait.

 

De façon plus détaillée, l'étude révèle que :

 

- Si tout le monde ou presque a déjà entendu parler des IST (83%) ou du VIH/SIDA (98%), ceux qui connaissent les symptômes ou les modes de transmission ou les moyens de prévention de ces infections sont en proportions plus faibles. Environ 10% des enquêtés connaissent au moins un signe d’IST chez l’homme et 15% un signe d’IST chez la femme. En ce qui concerne le VIH/SIDA, la transmission par les rapports sexuels non protégés se révèle être la voie de contamination la plus connue (50% environ des personnes enquêtées). Les autres modes de transmission cités sont la transfusion sanguine (23% chez les hommes et 15% chez les femmes), l’injection (16% chez les hommes et 13% chez les femmes) et la voie materno-fœtale (23% chez les hommes contre 14% chez les femmes). Par rapport aux moyens de prévention du VIH/SIDA, la référence à l'utilisation du préservatif vient en tête de liste (78,7% des hommes contre 64,3 % des femmes). Par ailleurs, 10 % des enquêtés ont déjà subi le test de dépistage.

 

- L'âge au premier rapport sexuel reste bas. Environ 21% des enquêtés ont eu leur premier rapport sexuel avant 15 ans et 60% l’ont eu avant 18 ans. Par ailleurs, l'activité sexuelle mesurée sur les trois derniers mois précédant la collecte se révèle intense. Une proportion de 60% de femmes et 70% d’hommes enquêtés ont eu au moins un rapport sexuel au cours des trois derniers mois précédant l’enquête. A leur dernier rapport sexuel, 20% des femmes et 38% des hommes se sont protégés. Au cours des 12 derniers mois, 35% des femmes ayant eu un rapport sexuel avec un partenaire occasionnel ont utilisé un préservatif. Chez les hommes, cette proportion s’élève à 71%.

 

- Plus de 80% des enquêtés ont déjà vu, entendu ou lu un message sur le VIH/SIDA. La radio reste de loin la principale source d'exposition à ces messages (88%), suivie par la télévision (57%). Des onze (11) spots spécifiques sur lesquels les enquêtés ont été interrogés, celui qui a été le plus vu/entendu est "Adjovi Grâce, Dovonon Clémence, Victor Quénon, Mbam Patrick, Monto Florence" avec un niveau d'exposition de 40% chez les hommes et 33% chez les femmes. Toutefois, le message véhiculé par le spot "Pincer, Dérouler" a été le mieux compris (87% des femmes et 93% des hommes). D'autre part, 69% des hommes et 50% des femmes ayant été exposés aux campagnes estiment qu'elles ont eu un effet bénéfique sur leurs comportements. Le principal changement de comportement induit par les sensibilisations est la fidélité accrue (56% chez les femmes et 37% chez les hommes).

 

- Globalement les fausses idées sur le VIH/SIDA sont encore vivaces dans les mentalités des togolais. Une proportion d’environ 12% des hommes et 20% des femmes pensent que les piqûres de moustiques peuvent transmettre le VIH/SIDA. De même, 9% des hommes et 13% des femmes estiment qu’en prenant un repas avec quelqu’un qui est infecté par le VIH/SIDA, on peut attraper la maladie.

 

La mise en perspective de ces résultats suggère de poursuivre, d'intensifier et de réorienter (si besoin) les actions CCC notamment à l'endroit des jeunes. En effet, la connaissance qu'ont les individus sur les IST/VIH/SIDA n’a qu’une faible influence sur leur transition vers des comportements à moindre risque. L'accent devrait donc être mis sur l’utilisation systématique de préservatif lors de tout rapport sexuel (ou la pratique de l’abstinence). Il y a donc nécessité d’entreprendre assez tôt les interventions de recentrage de l'information et de l'éducation des masses. Rendre effectif ce choix stratégique impose de disposer d’informations circonstanciées (indicateurs) fournies par la présente étude, lesquelles permettent non seulement d'évaluer la portée des programmes d'intervention en cours, mais surtout d'identifier les entraves à leur pleine réussite et de prendre les mesures correctives qui s'imposent.

 

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